
La première dame des États-Unis, Melania Trump, a fait une déclaration publique rare à la Maison-Blanche le 9 avril au sujet de Jeffrey Epstein, démentant toute relation privée avec Epstein ou Ghislaine Maxwell. Toutefois, peu de temps après la déclaration de Melania, Trump a confié aux journalistes qu’il « n’avait rien su » de la déclaration de sa femme.
Les propos publics de Melania à la Maison-Blanche répondent directement à plusieurs accusations concernant ses liens avec Epstein.
Elle a déclaré sans ambiguïté : « Je n’ai jamais eu de relation avec Jeffrey Epstein. Il ne m’a jamais présentée à mon mari. » Elle a également nié un e-mail, présenté comme ayant été envoyé à Maxwell en 2002, en le qualifiant de « communication ordinaire », et a qualifié les allégations actuellement encore en circulation de « fausses et dommageables ».
Melania a aussi appelé le Congrès à centrer son attention sur les victimes de l’affaire Epstein, en affirmant : « Les innocents ne devraient pas être victimes de mensonges. » C’est l’un des rares moments, dans sa carrière publique, où elle s’est impliquée activement dans une controverse politique ; le moment choisi pour cette déclaration a donc suscité de nombreuses interprétations politiques.
Le choix de Melania de prendre la parole à ce moment-là ne peut pas être analysé séparément des événements récents suivants :
Destitution du ministre de la Justice Barr : quelques jours avant la publication de la déclaration de Trump cette semaine, celui-ci a relevé Barr de ses fonctions de ministre de la Justice, à la suite de critiques concernant la manière dont Barr a traité les documents liés à Epstein.
Le tribunal refuse les assignations du Congrès : plus tôt dans la semaine, le ministère de la Justice a confirmé que Barr ne se conformerait pas aux assignations du Congrès liées à la fuite de documents sur Epstein
Le Congrès continue de questionner : les parlementaires remettent toujours en cause l’éventuel fait que des informations clés aient été dissimulées. Des accusations supplémentaires, liées à des comptes rendus d’entretiens antérieurement non rendus publics du Federal Bureau of Investigation (FBI), viennent encore accroître la pression
L’authenticité des documents est incertaine : des responsables américains avertissent que certaines affirmations dans les documents n’ont pas encore été officiellement vérifiées, mais cet avertissement n’a pas totalement dissipé les doutes du public quant à la transparence de l’information
Dans le contexte où ces pressions s’additionnent en parallèle, la déclaration de Melania à la Maison-Blanche a été interprétée par plusieurs analystes comme une réponse proactive aux risques politiques croissants, et non comme un démenti de routine.
La plus grande controverse suscitée par la déclaration de Melania ne tient pas au contenu de cette déclaration elle-même, mais à la réaction de Trump ensuite. Peu de temps après que Melania a publiquement démenti, Trump, lorsqu’il a été interrogé par des journalistes, a déclaré qu’il « n’avait rien su » de la déclaration faite par sa femme.
Cette réponse a largement été discutée dans les milieux de l’analyse politique : si la première dame, à la Maison-Blanche, a fait une déclaration sur une question politique hautement sensible, et que le président lui-même affirme ne pas être au courant, ces deux possibilités sont tout aussi intrigantes : soit un défaut de coordination dans la communication au sein de la Maison-Blanche, soit une stratégie de gestion délibérée de la distance. Au moment où nous publions, la Maison-Blanche n’a pas encore fourni d’explication supplémentaire sur cette contradiction.
Le moment où la déclaration a été publiée coïncide fortement avec l’intensification simultanée de plusieurs pressions politiques : l’examen par le Congrès des documents liés à Epstein, la révocation de Barr, l’ancien ministre de la Justice, et le refus du ministère de la Justice de répondre aux assignations du Congrès, qui se sont tous concentrés sur une même période quelques jours avant la prise de parole. La plupart des observateurs estiment que cette déclaration constitue une réponse proactive de la Maison-Blanche à des pressions externes.
Dans sa déclaration, Melania a nié trois éléments centraux : l’existence de relations personnelles avec Epstein, l’affirmation selon laquelle Epstein l’aurait présentée à Trump, ainsi que le lien sous-entendu par un e-mail présenté comme ayant été envoyé à Maxwell en 2002. Elle a qualifié ces accusations de « fausses et dommageables ».
Cette déclaration de Trump a suscité de multiples interprétations sur le plan politique, notamment la possibilité de problèmes de communication et de coordination au sein de la Maison-Blanche, ou encore une stratégie consistant à maintenir volontairement ses distances par rapport à la déclaration de la première dame. À l’heure actuelle, la Maison-Blanche n’a pas encore fourni d’explication officielle sur les divergences manifestes entre les deux personnes concernant cette affaire.