Licence de stablecoin à Hong Kong : une cérémonie d'entrée pour les "anciens" financiers, une pause pour les acteurs du Web3

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Introduction

Le 10 avril 2026, la Banque de Hong Kong a enfin publié la liste des titulaires de licences pour l’émission de stablecoins.

Au moment où la première liste des émetteurs de stablecoins a été annoncée, la réaction de tout le cercle Web3 a été étonnamment unanime — “C’est tout ?”

HSBC, Point Financier (joint-venture entre Standard Chartered, Hong Kong Telecom et Animoca). Deux banques traditionnelles, sans société technologique, sans plateforme d’échange, sans acteurs natifs Web3.

Certains ont interprété cela comme un “signal négatif”, d’autres ont dit “l’histoire des stablecoins à Hong Kong s’arrête ici”. Mais si vous comprenez vraiment la logique derrière cette délivrance de licences, vous verrez que ce n’est pas la fin, mais le début d’un scénario soigneusement conçu de “l’infrastructure en premier”.

I. 36 demandes, une fête intersectorielle qui s’arrête brusquement

Revenons six mois en arrière. En septembre 2024, à la clôture de la collecte de demandes par la Banque de Hong Kong, 36 demandes provenaient de six secteurs totalement différents : banques, géants technologiques, plateformes de paiement, sociétés de gestion d’actifs, entreprises de commerce électronique, et entreprises Web3 natives.

JD Chain fait une entrée remarquée, avec pour objectif de se lier au dollar de Hong Kong ou au dollar américain, en testant directement des scénarios liés à l’écosystème du commerce électronique ; Ant Group avance sur deux fronts, avec deux entités : une internationale et une spécialisée en technologie numérique ; Yuanbi Technology, Xiaomi, Bank of East Asia… La liste couvre le paiement de consommation, l’infrastructure Web3 et la banque traditionnelle.

À l’époque, le marché s’attendait généralement à ce que Hong Kong suive une voie de fusion entre “finance traditionnelle + géants technologiques + nouvelles forces Web3”, comme lors de l’octroi de licences pour les banques virtuelles, laissant une porte ouverte à l’innovation.

Mais le 10 avril, le résultat a pour l’instant fermé cette porte.

II. Pourquoi “les vieux” ? Comprendre trois règles implicites

Le président de la Banque de Hong Kong, Yu Weiwen, a déclaré en février : “Le nombre de licences initiales ne sera pas élevé, l’objectif étant la prudence.”

Il a tenu parole. Mais derrière cette prudence, se cache une logique de sélection plus sophistiquée que les règles apparentes :

Règle 1 : Priorité aux banques émettrices

Cela crée naturellement une attente d’exclusivité. Si HSBC ne postule pas, dans le futur, le seul nom sur la voie numérique du dollar de Hong Kong pourrait être Standard Chartered. Pour une institution qui considère “l’émission de dollars de Hong Kong” comme son actif de marque depuis 160 ans, cette absence symbolique serait difficile à supporter. HSBC a donc choisi de suivre.

Règle 2 : Barrières techniques et réglementaires très élevées

Construire un HSM (Hardware Security Module) de plusieurs millions de dollars, un système anti-blanchiment, une surveillance en chaîne, un fonds de réserve — tout cela transforme l’émission de stablecoins en un coût pur, avec un ROI à court terme peu évident. En général, les entreprises évaluent et préfèrent observer.

Mais HSBC et Standard Chartered ne peuvent pas se retirer. La règle 1 a déjà créé un verrou stratégique.

Règle 3 : Réexamen constant de la logique commerciale

Lors des entretiens, la Banque de Hong Kong demande sans cesse : “Pourquoi émettez-vous vous-mêmes, plutôt que d’utiliser une autre plateforme ?”

Cela revient à envoyer un signal anticipé : la rentabilité n’est pas la priorité. Les candidats retenus répondent généralement : “Nous pouvons aider Hong Kong à faire fonctionner cette infrastructure.”

La superposition de ces trois règles forme une logique d’engagement unique : HSBC et Standard Chartered postulent volontairement, investissent des dizaines de millions de dollars, et prennent en charge la formation des utilisateurs et le développement des scénarios. Ce n’est pas une directive administrative, mais le résultat d’une conception réglementaire naturelle.

III. La logique “infrastructure gratuite” derrière des barrières élevées

Obtenir la licence n’est que le début. La contrainte imposée par Hong Kong aux émetteurs de stablecoins est parmi les plus strictes au monde :

Actifs de réserve : doivent être en cash, dépôts à 3 mois, ou obligations d’État à un an, excluant actions, obligations d’entreprises ou actifs cryptographiques, et doivent être évalués en monnaie émise ;

Garde indépendante : les réserves doivent être confiées à une banque agréée ou à un dépositaire reconnu, séparées des actifs propres de l’émetteur, avec priorité de remboursement en cas de faillite ;

Rachat rigoureux : doit être effectué en un jour ouvrable, sans délai pour quelque raison que ce soit ;

Audit fréquent : rapports quotidiens, soumis hebdomadairement à la Banque de Hong Kong, certifiés mensuellement par un auditeur externe et rendus publics ;

Zéro intérêt : l’émetteur ne peut verser d’intérêts aux détenteurs de stablecoins, empêchant toute “financiarisation”.

Que signifient ces règles ? Cela signifie que HSBC et Standard Chartered dépensent leur propre argent pour construire une “infrastructure gratuite” pour l’écosystème Web3 à Hong Kong. HSM, systèmes KYC/AML, surveillance en chaîne, formation utilisateur, intégration des commerçants, scénarios transfrontaliers — ces éléments, qui étaient autrefois des points de douleur majeurs pour le développement de l’écosystème, sont désormais pris en charge par ces deux banques sous le nom de “stablecoins commerciaux”. Elles jouent le rôle de paveurs, pas de péages.

IV. Où se trouve l’opportunité Web3 ?

Une fois la première licence délivrée, l’histoire ne fait que commencer.

La véritable valeur des stablecoins réside dans leur rôle de base de règlement dans l’économie en chaîne. Lorsque le stablecoin réglementé de Hong Kong pourra circuler librement entre plateformes d’échange, plateformes RWA, canaux de paiement transfrontaliers, chaque nœud de service — courtiers, gestionnaires d’actifs, intermédiaires de compensation, dépositaires, market makers — bénéficiera d’un regain d’infrastructure.

La Banque de Hong Kong a déjà précisé : la première phase se concentrera sur le paiement transfrontalier, le paiement local et la règlementation d’actifs tokenisés, tout en explorant les paiements programmables et le financement de la chaîne d’approvisionnement.

Ces scénarios sont précisément le terrain de jeu des entreprises Web3 natives.

Le partenariat de Standard Chartered (Point Financier) a déjà envoyé un signal : Animoca Brands, géant du jeu Web3, entre en scène, ce qui signifie que les banques traditionnelles ont aussi besoin de partenaires natifs pour compléter leurs capacités scénaristiques.

Les sociétés de courtage peuvent gérer la garde d’actifs numériques, les plateformes RWA ont besoin de market makers pour le marché secondaire, la compensation en chaîne nécessite des intermédiaires spécialisés, et la titrisation de valeurs mobilières nécessite des souscripteurs — voilà les véritables affaires après la délivrance des licences.

V. La course mondiale : “lente mais sûre”

Comparé à d’autres régions, Hong Kong semble un peu en retard.

En décembre 2024, le règlement européen MiCA entre en vigueur ; en juin 2025, le Sénat américain adopte le projet de loi GENIUS par vote procédural. La logique de Washington est claire : si le stablecoin est lié au dollar, cela aide à absorber la demande de dette nationale américaine, tout en prolongeant la domination du dollar.

Face à la pression conjointe de l’Europe et des États-Unis, Hong Kong choisit la stratégie du “ralenti pour mieux sauter”.

Mais cette lenteur a ses raisons : Hong Kong utilise la qualification de “première réglementation complète de stablecoin fiat” pour se positionner dans les négociations d’interconnexion futures.

Les bases de la tokenisation d’actifs RWA, le système de facturation numérique pour le commerce transfrontalier — chaque voie nécessite un stablecoin conforme, fiable, et rachetable comme point de départ.

Ce point de départ, Hong Kong vient de le construire.

VI. Conclusion : mi-temps, pas le coup de sifflet final

Les résultats des premières licences peuvent décevoir ceux qui espéraient une entrée rapide. Mais en adoptant une perspective à long terme, on voit qu’il s’agit d’un scénario typique de “l’infrastructure en premier” :

Première étape, permettre à des institutions traditionnelles capables, volontaires, et stratégiquement patientes de construire la route ; deuxième étape, faire venir des acteurs avec des scénarios, des technologies, et une capacité d’innovation pour faire rouler la machine.

HSBC et Standard Chartered jouent le rôle de paveurs, tandis que tous les autres acteurs de l’écosystème — qu’il s’agisse d’équipes Web3, d’entreprises technologiques, ou de PME en quête de digitalisation — seront les conducteurs du futur.

L’histoire des stablecoins à Hong Kong ne fait que commencer.

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