12 février, New York — La plus grande organisation de lobbying dans le secteur bancaire américain, l’American Bankers Association (ABA), a soumis une lettre de commentaire à l’Office of the Comptroller of the Currency (OCC), exhortant cette dernière à ralentir le processus d’approbation des licences liées aux cryptomonnaies avant que le Congrès n’adopte des règles pour les stablecoins et les actifs numériques. L’association met en garde contre le risque potentiel que l’approbation prématurée de nouvelles institutions d’actifs numériques dans le système bancaire national puisse avoir un impact sur la stabilité financière et les mécanismes de gestion des crises.
Actuellement, des institutions telles que Circle, Ripple, BitGo, Paxos, ainsi que Laser Digital, filiale de Nomura Securities, sont en train de demander ou détiennent déjà une licence de banque fiduciaire conditionnelle de l’OCC. La société World Liberty Financial, associée à l’administration Trump, a également soumis une demande concernant son stablecoin de 1 dollar. Selon l’ABA, en l’absence de mise en œuvre du « GENIUS Act » et de ses règles associées, l’OCC ne devrait pas suivre le rythme traditionnel d’approbation.
Anthony Agoshkov, co-fondateur de Marvel Capital, a souligné qu’une fois que ces institutions obtiendraient une qualification de règlement et d’accès au niveau fédéral, elles pourraient sauter le système d’intermédiaires traditionnel pour réaliser un transfert de valeur natif et réglementé. Cela est considéré comme une étape clé vers l’intégration des actifs cryptographiques dans la finance grand public, mais suscite également des inquiétudes structurelles de la part des banques traditionnelles.
L’ABA critique particulièrement la pratique de l’OCC de lier l’approbation des licences à la conformité avec le « GENIUS Act », affirmant que la mise en œuvre complète de cette loi nécessitera encore plusieurs années et impliquera la rédaction de règles par plusieurs agences de régulation. L’organisation cite également la faillite de FTX et Celsius en 2022 pour avertir que si de nouveaux modèles commerciaux échouent, cela pourrait dépasser la capacité des cadres de gestion des crises existants.
De plus, l’ABA préconise d’interdire aux sociétés fiduciaires non bancaires d’utiliser le terme « banque » afin d’éviter toute confusion du public quant à leur profil de risque. La controverse autour du rendement des stablecoins continue de faire rage au niveau législatif, avec un dernier projet de loi incluant une clause interdisant aux entreprises de cryptomonnaie de verser des intérêts à leurs détenteurs. Ce changement a conduit Brian Armstrong à s’opposer publiquement à cette législation, affirmant qu’elle « pourrait être pire que la situation actuelle ».
Ce jeu de pouvoir autour des licences de cryptomonnaies et de la régulation des stablecoins est en train de redéfinir les frontières institutionnelles de la finance numérique aux États-Unis.
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